Message du Père Dehoux

Cher(e)s ami(e)s et bienfaiteur(e)s,
Tout d’abord un grand merci pour votre intérêt en faveur des œuvres dont je m’occupe en Haiti avec l’aide du Père James Midy.
Bienvenue à vous tous et spécialement à tous ceux et celles qui viennent nous visiter pour la première fois.

Où sont situées ces œuvres et en quoi consistent-elles ?
Notre communauté  a été fondée en 1984  avec l’aide du Père Farnes Louis-Charles.
Ces œuvres, situées  en partie à Étang-Rey, dans les montagnes de Miragoâne, et en partie à Belle-Fontaine, en plein cœur de la chaîne de La Selle. Les occupations de la communauté sont multiples :
En premier lieu, nous sommes une congrégation religieuse contemplative autochtone de 40 membres, les Petites Servantes de Jésus-Hostie, du Cœur Immaculé de Marie et de Saint Joseph, presque toutes d’origine paysanne de familles très pauvres, la plupart venant de la région de Belle-Fontaine.

La communauté gère l’orphelinat Saint-François d’Assises reconstruit en 2012 grâce à vos dons. Sa mission est d’accueillir les jeunes enfants, orphelins ou provenant de familles extrêmement pauvres, parfois même des enfants à bas âge trouvés dans des situations dramatiques et que nous avons sauvé de la mort. Ces enfants viennent pour la plupart d’Étang-Rey.

Nous offrons aussi des services d’assistance multiforme à la population qui nous entoure, comportant :

  • un dispensaire pour indigents avec consultations gratuites et médicaments à bas prix ou donnés gratuitement à ceux qui ne peuvent payer ;
  • un repas pour tous ceux qui viennent, parfois de loin, crier famine et ils sont quotidiens, souvent de petits enfants ou des vieillards amaigris ; des aumônes quotidiennes parfois importantes, selon nos moyens, pour faire face à toutes les situations de détresse qui se présentent à nous ; pour ne citer que quelques cas, parmi de nombreux autres : cette jeune femme, Nana, qui voulait se débarrasser de l’enfant qu’elle portait et que nous avons encouragé à le garder, en lui promettant notre soutien; trois petites filles à Etang-Rey découvertes récemment avec des cheveux jaunes, signe de malnutrition, au visage émacié ; Marie-Rose, abandonnée par son mari, qui vivait dans un taudis avec ses 8 enfants dont aucun n’est scolarisé, pour qui il a fallu construire une maisonnette et aider à scolariser au moins la plus grande fille, déjà âgée de 16 ans ; souvent des malades à aider à aller aux hôpitaux de la région (parfois à les faire conduire dans notre véhicule):  comment résister devant tant et de si grandes souffrances ?
  • la construction de maisonnettes décentes pour remplacer les taudis en chaume, indignes d’êtres humains dans lesquels croupissent tant de nos frères et sœurs paysans dans toutes les parties d’Haïti, surtout ceux des montagnes, pour lesquels s’ajoutent à la misère commune la souffrance du froid des nuits ;
  • l’aide à l’écolage de plusieurs enfants ne pouvant se rendre à l’école ;
    bref « aide à toute détresse connue et proche », dans toute la mesure de nos moyens : c’est la devise que nous avons adoptée et nous faisons vraiment l’impossible pour y rester fidèles, en faisant une totale et absolue confiance à la Divine Providence. La Divine Providence, elle-même, a coutume de se servir d’instruments humains, comme vous-mêmes, chez qui elle suscite des sentiments d’amour et de miséricorde.

Bien entendu, il est impossible de faire face en même temps à tous ces besoins qui sont immenses. Les 4 cyclones récents et le tremblement de terre du 12 janvier 2010 n’ont fait qu’aggraver la situation déjà si précaire : maisons endommagées ou détruites partiellement, jardins détruits en quantité, donc récoltes perdues.

Une formule créole, attribuée au Père Louis-Charles, dont nous sommes les disciples, exprime bien notre position :

« Fé byen, toutotan ou kapab, pou tout moun ou kapab, tout koté ou kapab, joustan ou pa kapab ankò »
« Bien faire, tant que vous le pouvez, autant que vous le pouvez, jusqu'à ce que vous ne puissiez plus. »

Notre communauté est située au centre d’une des populations les plus pauvres et les plus défavorisées d’Haïti. À part la présence du prêtre et d’une école récemment ouverte par les Petits Frères de Sainte Thérèse, aucun service public dans toute la zone, dans le domaine de la santé notamment. Pas un médecin, pas une infirmière, pas une auxiliaire pour une population de plus de 50 000 âmes.

Voici en résumé l’aide qui nous fait le plus besoin :

  • d’abord pour l’entretien des religieuses et des jeunes : malgré tous nos efforts, nous ne suffisons pas à les entretenir : nos entreprises (jardins, élevage, petite imprimerie, fabrication de chapelets et de scapulaires) ne rapportent malheureusement pas suffisamment, ensuite notre partage quotidien avec les pauvres réduit considérablement la part des sœurs et des jeunes ;
  • aide pour secourir les miséreux si nombreux qui nous entourent à Étang-Rey et ceux de Belle-Fontaine, dont la situation est bien plus grave encore ;
  • aide pour soigner les malades de Belle-Fontaine qui, comme nous l’avons dit, n’ont absolument aucun service sanitaire à leur disposition; seules nos 4 petites religieuses, avec un zèle admirable, se dévouent de leur mieux depuis 4 mois à essayer d’enrayer l’épidémie de « chiques ».
  • aide pour la construction ou la réparation de maisonnettes, tant à Belle-Fontaine qu’à Etang-Rey

Votre aide nous a été très précieuse par les années passées. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants. Grâce à vous et à votre générosité, l’orphelinat a été reconstruit et nos 50 enfants ont maintenant un toit pour s’abriter.

Tout n’est cependant pas fini puisque nous devons, en plus des besoins mentionnés, préparer un avenir pour tous ces enfants qui sont le futur d’Haïti, leur donner une éducation et une formation afin qu’à leur tour ils viennent un jour en aide à leurs concitoyens. Leur « Créer un avenir » c’est leur transmettre des valeurs humaines.

«Je veux être infirmière» - Valéry - Merci de votre soutien